La recherche avec Mucoviscidose : ABCF : les  avancées en plus de 10 ans !

Professeur Gérard Lenoir*

Le patient atteint d’une maladie rare est dépendant de la recherche clinique et de la recherche fondamentale ; la mucoviscidose n’y échappe pas. Elle est même le moteur parmi les autres maladies rares, particulièrement dans nôtre pays.

L’association Mucoviscidose : ABCF a d’emblée veillé à ce que chercheurs et cliniciens travaillent ensemble. En clinique, de nombreuses questions se posent : chaque patient a ses spécificités mises à jour lors des différents essais cliniques. La recherche fondamentale essaie d’en trouver les mécanismes, les facteurs et leurs interactions.

 

Ainsi a-t-on appris depuis la découverte du gène CFTR en 1989 que nos gènes interagissent entre eux : CFTR aussi pour lequel on décrit une dizaine de « gênes modificateurs ». De même l’environnement peut activer certains gènes et influer sur les aspects infectieux, nutritionnels, de la mucoviscidose. Ainsi s’explique que 2 enfants de la même fratrie peuvent présenter des formes différentes de la maladie.  

 

Il y a 12 ans, à partir d’une observation  exemplaire confirmée par quelques autres, les cliniciens de l’hôpital Necker ont questionné leurs collègues à propos de l’évolution très favorable, surprenante, de la maladie d’un sujet jeune soumis par ailleurs à une chimiothérapie anticancéreuse. Avec l’aide des chercheurs du CNRS, spécialistes des protéines, ils ont échafaudé une hypothèse attribuant à CFTR, en plus de ses fonctions connues, un rôle de « détoxifiant » des cellules épithéliales - rôle attribué aux protéines de la famille ABC dont CFTR fait partie. De là est né le protocole COLCHICINE : 80 patients y ont participé pendant une période de 9 mois. Les résultats ont montré  une diminution du nombre des exacerbations de la maladie avec un recours moins fréquent aux cures d’antibiotiques et une tendance à l’amélioration du critère principal le volume expiratoire maximum seconde (VEMS). Quelques malades ont été grandement améliorés et de façon durable de même que l’état général et le poids de ceux qui ont poursuivi la Colchicine après l’essai.

 

Créée pour mener à bien ce protocole, ABCF a parfaitement accompli sa mission. Elle a ouvert la voie sur l’adjonction d’un anti-inflammatoire au trépied thérapeutique classique (suppléments nutritionnels + kinésithérapie + antibiothérapie sous toutes ses formes). L’excellente tolérance  de la Colchicine a été confirmée au long cours. Plusieurs dizaines de patients poursuivent le traitement et son arrêt s’accompagne d’une recrudescence inflammatoire.

La méthodologie appliquée par ABCF aux 2 protocoles promus par l’association a suivi à la lettre les bonnes pratiques. L’AFSSAPS lors de son inspection nous a rendu un double satisfecit.

Le deuxième protocole s’inscrivait aussi dans l’objectif d’ABCF : trouver une thérapeutique définitive pour la mucoviscidose. Cet essai ne concernait que les patients porteurs d’une mutation dite « stop » qui aboutit chez ces malades à la synthèse d’une protéine tronquée. Le Dr I. Sermet a testé un médicament antibiotique – la GENTAMYCINE – dont les chercheurs avaient mis à jour une nouvelle action : masquer les « codons stop » anormaux. Elle a été administrée pour la première fois chez des enfants. Les résultats positifs et publiés, montrent que certains reconstruisent une protéine complète après 4 semaines d’administration parentérale de GENTAMYCINE.

 

Aujourd’hui il n’est plus raisonnable pour une association comme la nôtre, d’être promoteur d’un essai d’envergure dans la mucoviscidose. Mais nous pouvons initier de nouveaux essais cliniques, les confier à des organismes compétents et en assurer le financement. C’est le cas de l’essai clinique mono-centrique de phase I/II évaluant la tolérance et l’effet-dose de la lipase recombinante produite dans le maïs « MERISPASE® » pour le traitement de la malabsorption des lipides chez des patients atteints de mucoviscidose et du protocole européen « Diabète et Mucoviscidose » pour lesquels ABCF a assuré une partie du financement. 

 

Pendant ces 10 dernières années, les revues scientifiques ont publié des essais thérapeutiques avec une méthodologie de plus en plus complexe et difficile à mettre en place. Tous visent des objectifs principaux restreints, limités par exemple à l’amélioration de la qualité de vie des patients.

Mais Mucoviscidose : ABCF a continué dans la recherche sur CFTR et les autres ABC protéines. Elle a anticipé le mouvement qui s’est affirmé ces 10 dernières années et qui privilégie la pharmacologie du gène plutôt que la thérapie génique.

 

Le code de la génétique reste encore mystérieux : on connaît à peine l’alphabet, peu les mots encore moins les phrases. La thérapie génique, 20 années après la découverte du gène, n’apparaît toujours pas être la solution dont nous tous rêvons.  L’accroissement des connaissances a compliqué le problème de la thérapie génique, même pour la mucoviscidose que l’on croyait être l’exemple de la maladie mono-génique facilement atteignable. Si le gène explique bien la maladie, il n’en est pas le traitement !

 

A l’inverse, on constate l’essor de la pharmacologie des protéines : divers prix Nobel ont en effet couronné des travaux  qui ont précisé les trajets ou les interactions dans la cellule entre les protéines. De ces descriptions de plus en plus précises sont nés à la fois un certain nombre de notions générales (ex : l’existence d’un véritable contrôle de qualité des protéines dans les cellules) et de nombreuses petites molécules pouvant devenir des médicaments en intervenant à différents niveaux sur la machinerie intracellulaire des protéines.

ABCF a soutenu et soutient l’équipe de F. Becq. Des molécules candidates à corriger ou renforcer le CFTR muté ont été décrites dans son laboratoire. Une d’entre elles, déjà connue et commercialisée, le MIGLUSTAT® fait l’objet d’essais phase II en Europe. Le développement de cette nouvelle indication pour traiter une maladie métabolique devrait en théorie aboutir plus rapidement que les molécules nouvelles issues d’un tri sur des tests in vitro spécifiques d’une fonction de CFTR (recherche américaine « Vertex »)

On peut remarquer que la recherche soutenue par ABCF a souvent pour origine des hypothèses basées sur des constatations  cliniques : le protocole COLCHICINE en est le premier exemple ; de même pour les études menées sur le polynucléaire depuis 15 ans : car la présence d’un profil intermédiaire chez les hétérozygotes confirmés, nous fait persister dans l’idée d’être avec cette cellule, proche du mécanisme de la mucoviscidose.

*Hôpital Necker-Enfants Malades, 149 rue de Sèvres. 75743 Paris, Cedex 15

 

Nouvelles thérapies dans la mucoviscidose en 2009

Novel Therapies for Cystic Fibrosis in 2009

 

I Sermet-Gaudelus*, M Le Bourgeois, A Edelman, G Lenoir

 

 

Mots clés : mucoviscidose, CFTR, PTC124, Vertex, Denufosol

Key words : Cystic Fibrosis, CFTR, PTC124, Vertex, Denufosol

 

La mucoviscidose est la plus fréquente des pathologies autosomiques récessives létales dans la population caucasienne. Elle est due à l’absence, ou au fonctionnement défectueux d’une protéine située à la membrane apicale des épithéliums, la protéine Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator (CFTR). Cette protéine est la principale voie de sécrétion du chlorure. Elle module également d’autres voies de transport ionique, notamment elle inhibe celle de la réabsorption du sodium via le canal ENac. Son absence, ou dysfonction, est associée à une déshydratation des sécrétions muqueuses, une inflammation excessive et une colonisation bactérienne chronique (particulièrement par Pseudomonas aeruginosa) des sécrétions bronchiques. La survie des patients s’est considérablement améliorée ces 20 dernières années, passant d’une médiane autour de 20 ans dans les années 80 à plus de 40 ans actuellement. Ceci est du à une meilleure compréhension de la physiopathologie de la maladie et à des avancées thérapeutiques majeures. Ces dernières années, les progrès ont été centrés sur les agents muco-modulateurs, la recherche de voies alternatives de la sécrétion ionique, la thérapie protéique, et la mise au point de nouvelles stratégies anti-infectieuses. De nouvelles molécules sont en cours de développement et pourraient améliorer considérablement la survie illustrant à quel point la mucoviscidose est l’exemple type de maladie où les avancées en recherche fondamentale conduisent à des applications thérapeutiques directes pour le patient.

 

Agents muco-modulateurs

La mise sur le marché de la dornase alfa, Pulmozyme®, une DNase recombinante humaine, a été un progrès majeur dans la prise en charge des patients. Elle permet d’hydrolyser l’ADN issu des bactéries et des polynucléaires présents en quantité massive dans les sécrétions et, ainsi, de diminuer la viscosité du mucus et de faciliter la kinésithérapie respiratoire, thérapie fondamentale pour la prise en charge de la maladie pulmonaire.

Les agents hyper-osmolaires permettent d’augmenter l’hydratation du mucus et ainsi de potentialiser l’amélioration de la clairance mucociliaire. Le sérum salé hypertonique a pu montrer une certaine efficacité mais son inhalation est mal tolérée souvent associée à des bronchospasmes.

Un autre agent osmotique, le Mannitol, Bonchitol®, développé par Pharmaxis, pourrait permettre de réaliser un progrès thérapeutique majeur car sa formulation, sous forme de microsphères creuses, peut pénétrer plus facilement dans les petites voies aériennes que les drogues nébulisées (1). Ceci est une donnée importante car c’est au niveau de cette localisation, très riche en CFTR, que se constitue le « primum movens » de la maladie. Les études de phase II ont montré une amélioration significative de 7.5% de la fonction respiratoire en 3 mois de traitement. Des études de phase III versus placebo sont en cours

 

Voies alternatives de sécrétion ionique

Les recherches sont centrées sur la mise au point de molécules modulant l’activité d’autres transporteurs ioniques de la membrane apicale.

Certaines molécules majorent le transport de Chlorure (Cl-).

Le Denufosol (Pharmaxis) active les voies de sécrétion de Cl- purine dépendante, en stimulant le récepteur purinergique P2Y2 (2). Les premières études de phase III (TIGER-1) montrent une amélioration significative de la fonction respiratoire après 24 semaines de traitement par rapport au groupe placebo et la poursuite de cette efficacité sur 48 semaines de traitement après la levée de l’aveugle lorsque tous les patients ont bénéficié du traitement.

Moli1901, Duramycin® (Lantibio), est un peptide polycyclique qui active les voies de sécrétion de Cl- calcium dépendante (3). Les études de phase II ont fait la preuve de leur efficacité sur la fonction respiratoire dès 4 semaines de traitement.

Une autre voie de recherche vise à diminuer l’absorption excessive de sodium (Na+) des épithélias des voies respiratoires malades. Un modèle animal récemment développé, a en effet mis en lumière le rôle délétère majeur de l’excès de réabsorption de Na+ via le canal ENac, dans la genèse de la maladie (4). Ces animaux transgéniques développent en effet une maladie pulmonaire en tout point identique à celle des patients, alors que les souris n’exprimant pas CFTR n’ont pas de maladie pulmonaire. Ceci a démontré la potentialité des molécules inhibant cette voie de réabsorption. L’amiloride en est le prototype mais n’a qu’une efficacité transitoire. P-680, développé par Parion Sciences-Gilead, semble être plus prometteur et est actuellement en phase I (5).

 

Thérapie protéique

Selon les mutations, l’anomalie génétique se traduit par l’absence de protéine produite (mutations stop ou non sens), la dégradation de la protéine produite (mutation F508del), ou un dysfonctionnement de la protéine produite. Ceci a conduit au développement des 3 stratégies thérapeutiques suivantes.

1. Codons stop prématurés et induction d’une translecture des mutations

Des études in vitro ont démontré que les aminosides, et notamment la gentamycine, permettent de masquer les codons stop et donc favorisent la trans-lecture des mutations liées à des codons stop et la synthèse d’une protéine fonctionnelle. Un essai clinique à l’aide de gentamycine intraveineuse a fait la preuve que la trans-lecture de certaines mutations stops de CFTR permettait en effet la restauration d’une sécrétion de Cl- et un bénéfice clinique respiratoire en dehors de tout effet antibiotique (6). Compte tenu de la néphrotoxicité et ototoxicité des aminosides, ce traitement n’est pas envisageable au long cours. PTC124 est une molécule orale, bien tolérée à court terme, permettant cet effet moléculaire. Des essais de phase II ont démontré la normalisation de la sécrétion de Cl- chez un nombre significatif de malades, tant adultes que pédiatriques, au bout de 15 jours de traitement (7). Cet effet moléculaire semble avoir un effet bénéfique respiratoire sur la toux et la fonction respiratoire chez des adultes au bout de 3 mois de traitement.

2. Dégradation excessive de la protéine CFTR et inhibition de la voie du protéasome

De nombreuses mutations conduisent à un défaut de repliement de la protéine CFTR et ciblent la protéine CFTR pour dégradation par la voie du protéasome. Cependant, des études fondamentales ont montré que si une petite fraction de cette protéine anormale, à peine 10%, arrive à sa localisation finale à la membrane apicale épithéliale, elle est fonctionnelle et que ceci suffit pour normaliser le transport de fluides trans-épithélial. L’inhibiteur de l’α-1,2 glucosidase, Miglustat, Zavesca® (Acta-Lyon), inhibe une des principales voies de dégradation du protéasome, et a déjà eu une AMM dans ce cadre, pour la maladie de Gaucher. Des études in vitro ont montré que cette molécule permet l’adressage à la membrane de CFTR et restaure un transport de Cl- (8). Une étude de phase II est en cours en Belgique.

3. Fonction défectueuse d’une protéine localisée à la membrane et potentiation de sa perméabilité

Certaines mutations sont associées à un défaut de fonction de la protéine. Un énorme projet a été lancé aux USA pour examiner de manière systématique des molécules, dites correctrices,  pouvant potentialiser l’activité de telles protéines. Une molécule issue de cette stratégie, Vertex-770, augmente la fréquence d’ouverture du canal CFTR, et à ce titre, corrige la fonction des protéines à perméabilité défectueuse (9). C’est le cas pour la mutation G551D, la mutation majoritaire dans la population celte. Un essai de phase II, versus placebo, chez des patients porteurs de cette mutation, a montré la restauration de sécrétion du Cl- tant au niveau de l’épithélium nasal que sudoral et surtout un bénéfice significatif à 1 mois sur le VEMS. Un essai de phase III est projeté.

 

Thérapeutiques anti-infectieuses

La mise au point de thérapeutiques efficaces sur P. aeruginosa est fondamentale pour prévenir l’infection chronique, cause importante d’aggravation des lésions pulmonaires. Des thérapeutiques inhalées sont en cours d’études de phase 3 en vue d’une mise sur le marché prochaine ; que  ce soit l’Aztreonam, développé par Gilead (10), ou les formulations sous forme de poudre sèche de Tobramycine (Novartis) ou de Colimycine (Forest).

 

Perspectives

Il est probable que ces nouvelles molécules vont avoir un impact important sur la prise en charge des patients. A court terme, l’utilisation du Bronchitol, possiblement en association avec Pulmozyme, pourrait permettre d’améliorer le drainage bronchique et de ralentir l’évolution de la maladie respiratoire.

Les modulateurs des voies de sécrétions ioniques sont d’authentiques thérapeutiques « modificatrices » qui pourraient permettre de court-circuiter les anomalies physiopathologiques. Ils pourraient être employés en association.

Les thérapies protéiques agissent sur l’origine moléculaire de la maladie. Cette voie thérapeutique ouvre pour la première fois des perspectives passionnantes et très encourageantes à l’heure où les politiques nationales de dépistage néonatal mises en place par de nombreux pays permettent une prise en charge très précoce de la maladie. Il  faut néanmoins rester très prudent sur leur utilisation au long cours car ces drogues perturbent la machinerie cellulaire et pourraient avoir des conséquences encore non envisagées.

D’autres cibles thérapeutiques encore en développement au laboratoire sont très prometteuses. Les Toll-like receteurs (TLR), première ligne de défense de l’immunité innée, semblent un des acteurs majeurs de la réponse inflammatoire excessive dans la mucoviscidose (11). Les inhibiteurs des TLRs, naturels ou synthétiques, offrent à ce titre une cible intéressante. Les thérapies cellulaires, notamment par cellules souches, offrent également une perspective thérapeutique novatrice, visant au remodelage pulmonaire et à la modulation de la réponse anti-inflammatoire et anti-infectieuse (12).

 

Le champ des nouvelles thérapeutiques dans la mucoviscidose est très vaste et au début de son développement. Il est probable que tous les patients ne pourront pas bénéficier au même titre de toutes ces avancées compte tenu de leurs caractéristiques génétiques, épigénétiques et environnementales propres. L’avenir, plus lointain, est à la mise au point, d’une carte d’identité génétique ou protéique pour chaque patient destinée à cibler les traitements les plus efficaces (13).

 

*U INSERM 845, CRCM Hôpital Necker-Enfants Malades, 149 rue de Sèvres. 75743 Paris, Cedex 15 ; 01 44 49 48 87 ; Fax : 01 44 38 17 50 ; isabelle.sermet@nck.aphp.fr

 

1. Jaques A, Daviskas E, Turton JA, et al. Inhaled mannitol improves lung function in cystic fibrosis. Chest. 2008 ;133 : 1388-96.

 

2. Kellerman D, Rossi Mospan A, Engels J, et al. Denufosol: a review of studies with inhaled P2Y(2) agonists that led to Phase

III. Pulm Pharmacol Ther. 2008 ; 21 : 600-7.

 

3. Grasemann H, Stehling F, Brunar H, et al. Inhalation of Moli1901 in patients with cystic fibrosis. Chest. 2007 ; 131 : 1461-6.

 

4. Mall MA, Harkema JR, Trojanek JB, et al. Development of chronic bronchitis and emphysema in beta-epithelila Na+ channel-overexpressing mice. Am J Respir Crit care Med 2008 ; 177:730-42.

5. Hirsh AJ, Zhang J, Zamurs A, et al. Pharmacological properties of N-(3,5-diamino-6-chloropyrazine-2-carbonyl)-N'-4-[4-(2,3-dihydroxypropoxy)phenyl]butyl-guanidine methanesulfonate (552-02), a novel epithelial sodium channel blocker with potential clinical efficacy for cystic fibrosis lung disease.J Pharmacol Exp Ther. 2008 ; 325 : 77-88.

6. Sermet-Gaudelus I, Renouil M, Fajac A, et al. In vitro prediction of stop-codon suppression by intravenous gentamicin in patients with cystic fibrosis: a pilot study. BMC Med. 2007 ; 5 : 5.

7. Kerem E, Hirawat S, Armoni S, et al. Effectiveness of PTC124 treatment of cystic fibrosis caused by nonsense mutations: a prospective phase II trial. Lancet. 2008 ; 372 : 719-27.

8. Norez C, Noel C, Wilke M, et al. Recue of functional delF508-CFTR channels in cystic fibrosis epithelial cellsby the α-glucosidase inhibitor miglustat. FEBS Letter 2006; X : X-X.

9. Van Goor F, Straley KS, Cao D, et al. Rescue of DeltaF508-CFTR trafficking and gating in human cystic fibrosis airway primary cultures by small molecules. Am J Physiol Lung Cell Mol Physiol 2006 ; 290 : L1117-30.

10. McCoy KS, Quittner AL, Oermann CM, et al. Inhaled aztreonam lysine for chronic airway Pseudomonas aeruginosa in cystic fibrosis. Am J Respir Crit Care Med. 2008 ; 178 : 921-8.

 

11. Blohmke CJ, Victor RE, Hirschfeld AF, et al. Innate immunity mediated by TLR5 as a novel anti-inflammatory target for cystic fibrosis lung disease. J Immunol 2008; 180 : 7764-73.

 

12. Weiss DJ. Stem cells and cell therapies for cystic fibrosis and other lung diseases. Pulm Pharamacol Ther 2008 ; 21 : 588-94.

 

13. Temple LKF, McLeod RS, Gallinger S, Wright JG. Defining disease in the genomics era. Science 2001 ; 293 : 807

 

 

La mucoviscidose et l ’Institut de Physiologie et Biologie Cellulaires de Poitiers

 

                                                           Pr Frédéric BECQ*

 

Depuis les années 2000, certains laboratoires académiques se sont engagés dans un secteur traditionnellement réservé à l’industrie pharmaceutique, lié à la mise en place de tests robotisés cellulaires de biomolécules sur des modèles physiopathologiques. L’Institut de Physiologie et Biologie Cellulaires à Poitiers est entré dans cette voie stratégique en développant depuis 2002 des outils de criblage sur la protéine CFTR. En collectant des outils, des molécules, des modèles cellulaires et/ou animaux nous nous sommes engagés dans la recherche de molécules ciblant directement la protéine responsable de la maladie. Plusieurs axes sont suivis comme la recherche de molécules actives sur l’adressage de la protéine F508del, la recherche de modulateurs de la fonction de transport de CFTR ou de modulateurs des transports ioniques épithéliaux. De plus, en nous situant à l’interface entre biologie et chimie de synthèse organique nous espérons créer des synergies entre ces deux secteurs pour avoir accès conjointement à de nouvelles voies de signalisation, à de nouveaux mécanismes d’action et à des collections de molécules via des bibliothèques de molécules (encore appelées chimiothèques) d’origine commerciale ou constituées par des laboratoires académiques de chimie organique. Plus spécifiquement dans notre recherche contre la mucoviscidose, les molécules sont testées à l’aide de protocoles mis au point au laboratoire et permettant l’identification de correcteurs et d’activateurs des différentes classes de protéines CFTR mutées. Les premières molécules issues de cette recherche émergent progressivement de notre pipeline, dont l’une, le Miglustat fait l’objet d’une évaluation clinique en cours chez des patients atteints de mucoviscidose dans sa forme F508del. Notre plateau technique s’ouvrira progressivement vers d’autres partenaires académiques et industriels. Grâce aux dons des associations, dont ABCF2, la recherche progresse à grands pas et de nouvelles marches sont franchies chaque année pour, nous l’espérons, aboutir in fine à une ou plusieurs solutions pharmacologiques thérapeutiques. Ainsi, vingt ans après la découverte du gène de la mucoviscidose, le chemin parcouru dans la compréhension de cette maladie est déjà très important, la solution n’est pas encore là, mais nous nous en approchons grâce à l’effort de tous.

 

*Institut de Physiologie et Biologie Cellulaires UMR-6187 CNRS, Université de POITIERS,40 avenue du Recteur Pineau

86022  -  POITIERS Cedex